L’arrêté du 25 février 2025 a rebattu les cartes du calcul de l’avantage en nature véhicule. Barèmes indexés sur l’inflation, distinction entre véhicules mis à disposition avant ou après le 1er février 2025, condition d’éco-score pour les électriques : les paramètres à intégrer dans une simulation fiable se sont multipliés. Voici les grilles de calcul actualisées pour 2026, avec les arbitrages concrets entre forfait et réel.
Véhicule mis à disposition avant ou après le 1er février 2025 : le pivot de toute simulation
La date de mise à disposition du véhicule au salarié détermine le jeu de pourcentages applicable. Ce n’est ni la date d’achat, ni la date d’immatriculation. Une erreur sur ce point fausse l’intégralité du calcul de l’avantage en nature sur la fiche de paie.
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Pour un véhicule acheté et mis à disposition avant le 1er février 2025, les taux forfaitaires restent à 9 % du coût d’achat TTC (véhicule de 5 ans ou moins) et 6 % (véhicule de plus de 5 ans), hors prise en charge du carburant par l’employeur.
Pour un véhicule acheté et mis à disposition à partir du 1er février 2025, ces taux passent respectivement à 15 % et 10 %. L’écart est massif : sur un véhicule acheté 35 000 euros TTC, la différence entre 9 % et 15 % représente 2 100 euros d’avantage annuel supplémentaire intégré au salaire brut, avec les cotisations sociales correspondantes.
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Grille forfaitaire 2026 : véhicule acheté par l’employeur
Le forfait annuel se calcule sur le prix TTC réglé par l’entreprise. Voici la grille applicable selon l’ancienneté du véhicule et la prise en charge du carburant.
| Situation | Véhicule de 5 ans ou moins | Véhicule de plus de 5 ans |
|---|---|---|
| Sans carburant, mis à dispo avant 01/02/2025 | 9 % du coût d’achat TTC | 6 % du coût d’achat TTC |
| Sans carburant, mis à dispo à partir du 01/02/2025 | 15 % du coût d’achat TTC | 10 % du coût d’achat TTC |
| Avec carburant, mis à dispo avant 01/02/2025 | 9 % + carburant réel, ou 12 % global | 6 % + carburant réel, ou 9 % global |
| Avec carburant, mis à dispo à partir du 01/02/2025 | Taux rehaussés (consulter le BOSS pour les % consolidés) | Taux rehaussés (consulter le BOSS pour les % consolidés) |
Le montant mensuel reporté en paie correspond au douzième du forfait annuel. Ce montant s’ajoute au salaire brut pour le calcul des cotisations et de l’impôt sur le revenu.
Grille forfaitaire 2026 : véhicule en location ou LOA
Quand l’employeur loue le véhicule, le forfait annuel repose sur le coût global annuel de la location (loyer, entretien, assurance).
- Mise à disposition avant le 1er février 2025, sans carburant : 30 % du coût global annuel de location
- Mise à disposition à partir du 1er février 2025, sans carburant : 50 % du coût global annuel de location
- Dans les deux cas, l’évaluation forfaitaire est plafonnée à celle qui résulterait de la règle applicable en cas de véhicule acheté, en prenant comme référence le prix d’achat TTC par le loueur (dans la limite de 30 % du prix constructeur au jour du début du contrat)
Ce plafonnement est un filet de sécurité qui évite qu’une location longue durée sur un véhicule premium génère un avantage en nature disproportionné par rapport à un achat.
Avantage en nature véhicule électrique 2026 : abattement et condition d’éco-score
Les véhicules 100 % électriques conservent un régime favorable, mais sous conditions renforcées depuis l’arrêté de 2025. L’abattement atteint 50 % en évaluation au réel et 70 % en évaluation forfaitaire, avec un plafond réévalué chaque année.
La condition nouvelle : le véhicule doit atteindre un éco-score minimal vérifié le jour de la mise à disposition. Sans ce score, l’abattement renforcé ne s’applique pas, même si le véhicule est bien 100 % électrique. Les données disponibles ne permettent pas de confirmer le seuil exact d’éco-score retenu pour 2026, mais il est vérifiable sur le site du BOSS au moment du calcul.
Point souvent négligé : l’avantage lié à la mise à disposition d’une borne de recharge au domicile du salarié fait l’objet d’un traitement séparé, qui n’entre pas dans le calcul de l’avantage véhicule lui-même.

Forfait ou évaluation au réel : comment arbitrer pour la paie
L’employeur choisit librement entre forfait et réel, mais ce choix s’applique de manière uniforme pour l’ensemble de l’exercice. En revanche, il peut différer d’un salarié à l’autre au sein de la même entreprise.
L’évaluation au réel intègre l’amortissement du véhicule (ou le coût de location), l’assurance, l’entretien et, le cas échéant, le carburant. Le prorata d’utilisation privée est ensuite appliqué sur la base du kilométrage réel. Cette méthode demande un suivi rigoureux, mais elle peut réduire significativement le montant de l’avantage pour un salarié qui utilise peu le véhicule à titre personnel.
Le forfait est plus simple à gérer en paie. Il dispense de tout suivi kilométrique. En contrepartie, il peut surévaluer l’avantage pour les faibles utilisateurs privés, ou le sous-évaluer pour ceux qui roulent beaucoup à titre personnel (auquel cas l’Urssaf peut requalifier).
- Salarié avec peu de trajets privés : l’évaluation au réel sera souvent plus avantageuse
- Salarié avec un usage mixte intense : le forfait peut être plus intéressant, surtout sur un véhicule ancien
- Véhicule électrique éligible : l’abattement de 70 % au forfait rend cette option très compétitive face au réel (50 % d’abattement)
Indexation sur l’inflation : ce qui change pour les simulations pluriannuelles
Depuis l’arrêté de 2025, les barèmes d’avantage en nature véhicule sont indexés sur l’inflation. Les plafonds d’abattement pour les véhicules électriques, les seuils de référence et les montants forfaitaires peuvent donc évoluer chaque année sans nouveau texte réglementaire.
Pour une simulation sur plusieurs exercices (projection budgétaire, négociation salariale, plan de flotte), il faut intégrer cette variabilité. Un avantage en nature calculé en 2025 ne sera pas nécessairement identique en 2026 à véhicule et usage constants. La consultation annuelle du BOSS reste le seul moyen de confirmer les montants applicables.
L’impact sur les cotisations employeur est direct : un barème revalorisé augmente l’assiette de cotisations sans que le salarié ait changé quoi que ce soit à son utilisation du véhicule. Ce mécanisme mérite d’être anticipé dans tout budget prévisionnel de masse salariale.

