Créer une EURL ou une EIRL : les étapes clés à suivre

Lancer son activité sous la forme d’une EURL ou d’une EIRL, c’est s’attaquer à un choix qui engage bien plus que des démarches administratives. Derrière l’acronyme, des implications concrètes pour la protection du patrimoine, les marges de manœuvre au quotidien et la façon dont on construit la suite. Tout entrepreneur y est confronté tôt ou tard : il faut démêler des dispositifs proches sur le papier, mais loin d’être équivalents dans la pratique.

L’EURL, pour Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée, propose une gestion avec une responsabilité plafonnée aux apports. Ce cadre séduit ceux qui cherchent à protéger leurs biens privés tout en gardant la main sur les décisions. À l’inverse, l’EIRL, Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée, visait une séparation nette des patrimoines, sans créer de société. Maîtriser les démarches, comprendre la portée juridique de chaque statut : voilà le socle pour démarrer sans mauvaises surprises.

Les différences entre l’EURL et l’EIRL

Avant de choisir, il faut saisir ce qui sépare concrètement ces deux formes. Même si, sur le papier, elles promettent toutes les deux de limiter les risques, l’architecture juridique les distingue nettement.

Les spécificités juridiques

L’un des points de rupture majeurs : l’EURL se construit comme une société à responsabilité limitée avec un associé unique. Résultat : les règles sont claires, le cadre solide, la gestion parfois un peu contraignante mais sécurisante. L’EIRL, c’était un statut pensé pour les entrepreneurs solos qui voulaient protéger leur patrimoine privé en créant ce fameux patrimoine d’affectation. À noter, la loi du 14 février 2022 (n°2022-172) a mis fin à ce statut, au profit d’un entrepreneur individuel désormais protégé de droit.

Patrimoine et responsabilité

En EURL, la séparation des patrimoines est un principe fondateur : seuls les apports sont en jeu, le reste du patrimoine reste hors d’atteinte. L’EIRL, de son côté, fonctionnait grâce à l’affectation de biens spécifiques à l’activité professionnelle, pour atteindre le même objectif de protection. Désormais, ce modèle est intégré directement dans le régime de l’entrepreneur individuel.

Formalités de transformation

Passer d’une EIRL à une EURL ne s’improvise pas. Il faut dissoudre l’EIRL, puis constituer une EURL, avec toutes les démarches administratives et juridiques que cela suppose. Détail non négligeable : intégrer un nouvel associé permet de basculer facilement d’une EURL à une SARL, offrant ainsi une ouverture vers plus de développement.

Pour mieux visualiser, voici les caractéristiques principales de chaque forme :

  • EURL : société à responsabilité limitée dirigée par un seul associé.
  • EIRL : dispositif supprimé, remplacé par le statut d’entrepreneur individuel.
  • Patrimoine d’affectation : mécanisme utilisé en EIRL pour sécuriser le patrimoine privé.

Les étapes de création d’une EURL

1. Rédaction des statuts

Tout commence avec la rédaction des statuts. Ce document fondateur pose les bases : nom de la société, objet social, adresse du siège, montant du capital. L’associé unique précise ses apports, qu’ils soient financiers ou matériels. Il est vivement recommandé d’ajouter des clauses précises pour éviter toute ambiguïté ultérieure.

2. Dépôt du capital social

Ensuite, il faut déposer le capital social auprès d’un établissement bancaire, d’un notaire ou à la Caisse des Dépôts et Consignations. Le certificat de dépôt de fonds obtenu est indispensable à la prochaine étape : l’immatriculation. Le capital n’a pas besoin d’être versé en totalité dès le départ : pour les apports en numéraire, 20 % suffisent à la création.

3. Publication d’un avis de constitution

La transparence envers les tiers est de mise. Il s’agit de publier un avis de constitution dans un journal d’annonces légales. Ce texte doit mentionner tous les éléments clés de la future société : nom, forme juridique, capital, adresse, objet, durée, identité de l’associé. Sans cette étape, impossible de poursuivre le processus.

4. Immatriculation de l’EURL

Le dossier d’immatriculation est à déposer auprès du Centre de Formalités des Entreprises (CFE) compétent. Plusieurs documents sont requis : statuts signés, attestation de dépôt de capital, justificatif de parution de l’annonce légale, pièces d’identité et justificatif de domicile de l’associé. Une fois le dossier validé, l’EURL reçoit son numéro SIRET et peut démarrer officiellement son activité.

5. Obtention des autorisations nécessaires

Pour certaines professions, il ne suffit pas de remplir les démarches ci-dessus. Des autorisations, voire des diplômes, sont parfois exigés. Il faut se renseigner sur les règles spécifiques à la branche concernée et s’assurer d’être en conformité avant de débuter l’activité.

création entreprise

Les étapes de création d’une EIRL

1. Déclaration d’affectation

Rédiger une déclaration d’affectation était le premier pas pour créer une EIRL. Ce document listait précisément les biens rattachés à l’activité professionnelle, avec leur valeur estimée, afin de protéger le patrimoine personnel de l’entrepreneur.

2. Dépôt de la déclaration

Cette déclaration devait être déposée au registre compétent : registre du commerce et des sociétés (RCS) pour les commerçants, répertoire des métiers (RM) pour les artisans. Il fallait joindre des justificatifs pour chaque bien affecté.

3. Publication de la déclaration

Un avis devait être publié dans un journal d’annonces légales pour présenter la création de l’EIRL. Les informations à mentionner : nom, adresse du siège, nature de l’activité, biens affectés au patrimoine professionnel. Cette formalité visait à informer clairement les tiers.

4. Immatriculation de l’EIRL

L’étape suivante consistait à s’immatriculer auprès du Centre de Formalités des Entreprises (CFE) en fournissant plusieurs pièces :

  • Déclaration d’affectation
  • Justificatifs des biens affectés
  • Attestation de parution dans un JAL
  • Justificatifs d’identité et de domicile de l’entrepreneur

Une fois l’immatriculation validée, l’EIRL obtenait son numéro SIRET et pouvait fonctionner légalement.

5. Transformation en EURL

Depuis la suppression du statut d’EIRL, ceux qui souhaitent évoluer doivent dissoudre l’EIRL et suivre les démarches pour fonder une EURL, en prenant soin de gérer le transfert du patrimoine affecté. Un passage obligé pour continuer à bénéficier d’une protection efficace, sous une forme juridique pérenne.

Face à la disparition de l’EIRL et à l’évolution des cadres de protection, le paysage de l’entrepreneuriat se redessine. Rester attentif à chaque étape, c’est la garantie de ne pas voir ses ambitions s’échouer sur une formalité négligée. Le choix de la structure, lui, continue de façonner la trajectoire de toute aventure entrepreneuriale. Qui sait jusqu’où cette première décision pourra porter l’entreprise ?

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