Un chiffre brut, sans fard : 100 % des entreprises reposent, d’une manière ou d’une autre, sur un rapport de subordination. C’est le socle invisible de toute organisation qui fonctionne. Sans cette architecture, difficile de donner une direction claire aux équipes et d’atteindre les objectifs fixés. Pourtant, cette relation n’a rien d’évident. Elle demande finesse, équilibre et clarté, bien au-delà d’une simple autorité hiérarchique.
Établir le lien de subordination dans le contrat de travail
Tout commence ici : le lien de subordination s’inscrit noir sur blanc dans le contrat de travail. C’est la première pierre, celle qui structure la relation professionnelle.
Définition du lien de subordination
Dans le droit du travail, ce lien se traduit très concrètement : il s’agit pour le salarié d’exécuter ses missions sous l’autorité de l’employeur. Ce dernier détient le pouvoir de donner des ordres et d’imposer des directives, comme le précise la loi n° 94-13.187 du Cass Soc du 13 novembre 1993. La hiérarchie existe, non pour brider, mais pour organiser et donner du sens à l’action collective.
Ce que le lien de subordination rend possible pour l’employeur
En pratique, ce cadre juridique offre à l’employeur plusieurs leviers dans la relation avec ses collaborateurs. Voici les points concrets que ce lien lui permet d’actionner :
- superviser le travail effectué, avec discernement et sans excès
- formuler des directives précises et claires
- sanctionner les manquements, dans le respect des règles collectives
Reconnaître cette réalité ne signifie pas accepter n’importe quoi. Pour que ce rapport hiérarchique demeure sain, il existe des façons de le gérer qui bénéficient autant à l’employeur qu’au salarié.
Quelques conseils pour gérer le lien de subordination en tant qu’employeur
Occuper une position de direction implique plus que de donner des instructions. Voici des repères concrets pour instaurer un climat constructif et productif :
Être précis dans son organisation
La clarté est une arme puissante. Un salarié qui comprend vite ce qu’on attend de lui, qui voit où il va et pourquoi, travaille mieux et avance plus sereinement. Pour éviter les quiproquos et les tensions inutiles, privilégiez l’explicite : objectifs, missions, échéances… Rien ne doit être laissé dans le flou.
Ouverture d’esprit
Avoir une fonction de responsable ne dispense jamais de se remettre en question. Un dirigeant rigide, sourd aux remarques, condamne son entreprise à l’immobilisme. Les plus efficaces savent écouter, ajuster, et reconnaître que la vérité n’est pas l’apanage du seul chef.
Donner la parole au salarié
Une équipe muette, c’est une équipe qui s’épuise. Encouragez vos collaborateurs à s’exprimer, à proposer, à alerter si besoin. La relation hiérarchique gagne en force quand chacun se sent libre de partager ses idées et ses retours. Un exemple frappant : dans une PME, un responsable a instauré un rituel hebdomadaire où chaque salarié peut évoquer une suggestion ou un problème rencontré. Résultat : des projets plus aboutis et un climat apaisé.
Le respect dans les deux sens
Le respect n’a rien d’unilatéral. Il s’adresse à tous, peu importe la place occupée. Donner des instructions n’autorise pas à dévaloriser. Une consigne transmise avec bienveillance et courtoisie porte beaucoup plus loin que n’importe quel rappel à l’ordre.
Quelques conseils pour gérer l’existence d’un lien de subordination en tant que salarié
Du côté des salariés, la relation de subordination se vit aussi au quotidien. Bien la gérer, c’est se donner les moyens d’évoluer dans un cadre plus sain et équilibré. Voici quelques pistes concrètes :
Le respect des missions
La première règle tient en quelques mots : respecter les engagements du contrat de travail. Quand chacun remplit ses missions, tout le monde gagne en sérénité et limite les risques de litige. C’est la base d’un climat de confiance durable.
Le respect de l’employeur
Le respect se construit dans les deux sens, et le salarié n’y échappe pas. Les échanges doivent rester professionnels, sans violence verbale ni débordement. Ce principe s’applique à tous, hiérarchie comprise.
Exprimer son point de vue dans l’entreprise
Rester silencieux face à une difficulté ou à une incompréhension ne mène à rien de bon. Prendre la parole, formuler son avis de façon objective, permet de sortir de la frustration et d’ouvrir la porte à de vraies améliorations. Dans une grande société de conseil, par exemple, la création d’un espace d’expression anonyme a permis à des salariés jusque-là réservés de faire émerger des idées neuves, bénéfiques pour l’ensemble du groupe.
Le lien de subordination, bien géré, n’est ni une entrave ni une fatalité. C’est un outil : à chacun d’en faire un facteur d’engagement et d’efficacité, plutôt qu’un motif de crispation. Qui sait, demain, la prochaine innovation de votre équipe naîtra peut-être de ce dialogue respectueux entre salariés et direction.


